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En défense du point milieu

En défense du point milieu

 

Ces dernières semaines, les médias font la part belle à l’écriture inclusive : successivement qualifiée de sujet qui divise, de délire ou de langage reflétant le principe d’égalité entre les femmes et les hommes par Le Monde, Le Figaro et Libération. Parmi les sujets sur l’école, la l’évolution de la langue française et l’égalité professionnelle, un point retient l’attention et concentre les critiques : le point milieu [·].

Le point milieu est employé pour faire apparaître le féminin et le masculin dans un même mot, lorsque l’on désigne un groupe de personnes (professionnel·le·s pour un ensemble de professionnels et professionnelles) ou une personne dont on ne connaît pas le sexe (un·e délégué·e pour un délégué ou une déléguée). Il a été choisi pour sa justesse sémiotique, sa fluidité de lecture et plus particulièrement pour sa neutralité typographique : c’est un signe qui n’est pas mobilisé pour d’autres usages, contrairement au point final, aux parenthèses, à la barre oblique, au E majuscule ou aux tirets, qui sont utilisés dans des cas similaires :

·         Un.e professionnel.le : le point laisse supposer que le féminin viendrait une fois la phrase clôturée

·         Un(e) professionnel(le) : place le féminin entre parenthèses

·         Un/e professionnel/le : la barre oblique marque une division

·         UnE professionnellE : la majuscule peut être perçue comme une considération inégalitaire entre le féminin et le masculin

·         Un-e professionnel-le : les tirets indiquent un propos secondaire

Le point milieu est placé au niveau du tiret, tout en étant plus discret : il indique par son emplacement la volonté d’égalité entre féminin et masculin. Contrairement aux arguments avancés par ses opposant·e·s, la taille et la position du point milieu en font un signe ergonomique qui préserve la fluidité de la lecture. Une étude de Pascal Gygax et Noelia Gesto[1] montre que le lecteur ou la lectrice s’habitue dès la deuxième occurrence :

Un·e ou deux avocat·e·s de l’écriture inclusive et votre œil est rodé !

 

A l’oral, le point milieu n’est pas plus compliqué : il vise à faire apparaître le féminin et le masculin (orateur·rice), qui sont simplement à décliner à la lecture (orateur et oratrice).

Dernier point – et pas des moindres : l’écriture inclusive ne se résume pas au point milieu, qui est une des possibilités proposées pour faire apparaître le féminin et le masculin. La double flexion (les professionnels et professionnelles) et l’usage d’un terme épicène (les membres de l’entreprise) sont tout aussi envisageables – voire préférable selon le contexte dans lequel la phrase s’écrit.

PS : le point milieu est accessible sur PC via la combinaison Alt + 0183 et sur Mac avec Shift + Maj + F.

 

[1] Étude portant sur le tiret : nous pouvons légitimement supposer que si l’œil s'habitue au tiret, il en va de même pour le point milieu qui est plus discret.

« Féminisation et lourdeur de texte », Pascal Gygax et Noelia Gesto (2007). L’Année psychologique, 107, pp 239-255 doi:10.4074/S0003503307002059

Critique de l’écriture inclusive : trois éléments de réponse

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